Bien parti pour tomber à l’eau, le projet de tramway à Annecy pourrait plomber le mandat de François Astorg, le maire de la préfecture de Haute-Savoie, dans les mois qui viennent. Alors qu’une large majorité des conseillers communautaires du Grand Annecy, dont la présidente Frédérique Lardet, semble ne plus vouloir de cette option pour améliorer la qualité des transports sur le territoire, l’élu écologiste fait partie des rares qui se sont prononcés en faveur du projet lors du conseil privé du 21 octobre. Et pour cause : depuis sa participation au Grenelle des transports sur le bassin annécien, et encore plus depuis son élection à la mairie d’Annecy, François Astorg avait fait du tram la pierre angulaire de son programme en matière de mobilité. « Si ce dossier finit par capoter, ce sera un terrible désaveu pour lui », prédit un de ses partisans.
« Je n’accepterai pas une solution qui conviendrait aux autres communes et pas à la ville centre »
Sonné mais pas abattu par la tournure des événements, François Astorg a d’ailleurs fait savoir, dès la fin de la séance du 21 octobre, qu’il allait s’activer pour déjouer les pronostics : « Je ne souhaite pas une solution qui conviendrait à Annecy, la ville centre, et pas aux autres communes. Mais je n’accepterai pas non plus une solution qui conviendrait aux autres communes et pas à la ville centre et à ses 130 000 habitants. Les Annéciens ont pu se prononcer lors des dernières élections municipales et ils l’ont fait à près de 90 % dans le même sens car les deux listes finalistes – celle conduite par Jean-Luc Rigaut et celle que je conduisais – ont proposé le tram dans leur projet pour Annecy. Ce vote massif des Annéciens nous engage. Ne l’ignorons pas car il en va de la crédibilité de la démocratie. »
Selon lui, et « comme les deux études le démontrent », « nous avons besoin, sur certaines branches, du tram pour choisir la solution de transport en commun la plus efficace et la plus attractive, celle qui permettra d’atteindre les objectifs de mobilité, environnementaux et de santé du Grand Annecy ».
« Le coût ne doit pas l’emporter sur les autres enjeux »
Et de rappeler, à ceux qui lui opposent que le tram coûte 150 millions d’euros de plus que le « tout BHNS », que « le Grand Annecy a les capacités financières d’envisager toutes les solutions proposées, y compris le tram, comme nous l’a signifié le cabinet Klopfer ». « D’autres agglomérations, de taille comparable et moins riches – Avignon, Besançon…- ont pu s’équiper d’un tram, signale François Astorg. À qui fera-t-on croire que ce serait au-dessus des moyens de notre territoire ? Le coût est une variable importante dans notre décision, mais il ne doit certainement pas l’emporter sur les autres enjeux, notamment de santé publique et sur les enjeux climatiques. »
Date de mise à jour : 25/02/25
Date de création : 25/10/21
Source : Jean-Baptiste Serron