Des taux encore en baisse. La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé ce jeudi 12 novembre ses taux directeurs de 0,25 point. Le taux de dépôt (le taux auquel sont rémunérées les banques lorsqu'elles empruntent à la BCE) est désormais à 3%, après avoir diminué pour la quatrième fois depuis juin dernier. Ce qui abaisse encore un peu le coût d'emprunt pour les entreprises comme les ménages. Pas une mauvaise nouvelle pour les Français souhaitant réaliser leur projet immobilier.
Un plancher à 3% début 2025 ?
"Les banques ont anticipé cette baisse", explique à TF1info Maël Bernier, porte-parole de MeilleurTaux. "Cela confirme la tendance : à la rentrée de janvier, les taux vont encore baisser, car les banques ont une vraie volonté de prêter", anticipe-t-elle. Actuellement, un crédit immobilier sur 20 ans est en moyenne signé autour de 3,35% ou 3,4%, loin des taux supérieurs à 4% observés en fin d'année 2023. "Nous allons tomber autour de 3,2%" dans les prochaines semaines, affirme Maël Bernier. "Nous verrons ensuite dans le courant du premier trimestre 2025 si cela peut descendre à 3% en moyenne."
Il n'est néanmoins pas certain que les taux sur 20 ans descendent sous la barre des 3%, qu'ils ont dépassé depuis début 2023. "Les taux dépendent de l'inflation", rappelle la porte-parole de MeilleurTaux. "Et une inflation à 2%, cela donne des taux à 3%", précise-t-elle. Or, la hausse généralisée des prix devrait rester à ces niveaux dans les prochaines années : la BCE anticipe 2,4% en 2024, 2,1% en 2025 et 1,9% en 2026. "Des taux à 3%, c'est un plancher", analyse-t-elle. "Il ne faut jamais dire jamais, mais avec toutes les données dont nous disposons aujourd'hui, je ne suis pas certaine que la baisse puisse aller au-delà de 3%."
Suffisant pour que le marché immobilier continue à reprendre des couleurs ? Ce n'est pas complètement certain, puisqu'un autre point est à surveiller : l'instabilité politique dans le pays. "Le problème de l'instabilité, c'est l'attentisme du côté des porteurs de projets non urgents", explique Maël Bernier. "Tant que nous ne savons pas vraiment la direction que nous prenons fiscalement, les Français attendent et préfèrent épargner. L'effet psychologique de l'instabilité politique et fiscale est réel." Même si elle n'a pas d'effet direct sur les taux, qui dépendent surtout des marchés financiers.
Date de mise à jour : 25/02/25
Date de création : 19/12/24
Source : Ider Nabili